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TRENET & NARBONNE |
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“J’ai écrit Narbonne, mon amie, parce que Narbonne est mon amie de toujours, que j’'y suis né et que je ressens à Narbonne, un enchantement que je n’éprouve nulle part ailleurs.”
SON ENFANCE
Charles Trenet est né le 18 mai 1913 à Narbonne dans sa maison familiale ouverte au public depuis le 4 novembre 2000.
Longtemps située au N° 2 de la rue de Marcorignan puis avenue de Nancy, l’adresse du 13 avenue Charles Trenet fut inaugurée officiellement le 18 mai 1991 en présence de l’artiste à l’occasion de son 78e anniversaire.
En 1920, les parents Trenet se séparent. Charles partage alors son enfance entre Narbonne où réside sa mère et Perpignan où vit son père, Lucien, notaire et violoniste amateur. Plus tard, Trenet évoquera d’ailleurs la féminité de Narbonne (ville de sa mère) et la masculinité de Perpignan (ville de son père).
Charles et son frère aîné Antoine sont placés au collège des Pères de la Trinité à Béziers. "L’école était libre mais pas moi", confiera-t-il bien plus tard. Le poète gardera de ses années de pensionnat le souvenir douloureux de l’absence maternelle, thème récurrent dans son œuvre (cf. Le Petit Pensionnaire, l’Abbé à l’Harmonium, Vrai vrai vrai...).
En 1928, après avoir été renvoyé du lycée, suite à un incident avec le surveillant général, Charles quitte Perpignan pour Berlin où vivent Marie-Louise, sa mère, et son second mari, le réalisateur Benno Vigny.
Adolescent, Charles découvre le théâtre et la poésie par l’'intermédiaire d’Albert Bausil et de son journal satirique Le Coq Catalan dont le titre est déjà un calembour (coq à talent).
Il quitte Narbonne pour Paris dans les années 1930 où il est inscrit à l'école des Arts décoratifs pour devenir peintre. Après l’abandon de ces études « trop rigoureuses » à son goût, il mène une vie de bohème et d’artiste déjà initié auprès de la Bande à Basil lors de son adolescence perpignanaise. Il travaille dans un studio de cinéma où il est chargé de faire les "claquettes" annonçant le début d’une scène. Il se mêle au groupe d’artistes de Montparnasse. Il rencontre Antonin Artaud, Jean Cocteau et Max Jacob, auxquels il confie ses envies littéraires. Il participe à quelques galas en solo, dont l’un à Marseille au cabaret du Grand Hôtel Noailles, à l’occasion duquel il est surnommé le « Fou Chantant ». C’est à ce moment de sa carrière qu’il écrit beaucoup de ses chansons qui seront les plus célèbres : Y’a d’la joie, Je Chante, Fleur bleue.
LA GUERRE
Pendant la guerre, il se consacre essentiellement au cinéma et joue dans six films dont Je chante, La Romance de Paris et Adieu Léonard sous la direction des frères Prévert qui sera le seul à rester dans la mémoire des cinéphiles.
Trenet n’évoquera cette période d’occupation que dans une seule de ses chansons écrite en 1992 et intitulée Nous on savait. Il admettra aussi que cette sombre période a tari son inspiration ; ses œuvres postérieures à la guerre n’auront plus la fraîcheur et l’insouciance de ses premiers refrains.
En 1945, ne trouvant pas sa place dans la vague existentialiste, Charles part pour New York et il connaît un assez grand succès en parcourant pendant près de deux ans les deux continents américains, du Brésil au Canada.
En 1954, Charles rentre à Paris où le public ne l'a pas oublié. Ses nouveaux succès comme La Mer écrite dans le train entre Perpignan et Montpellier ou Nationale 7 le confortent dans son rôle de star.
C’est en 1961 qu’il compose Narbonne mon amie mais la période yéyé et les années 1960 sont pour lui une traversée du désert qui le plonge dans un oubli relatif. Il ne trouve pour se produire que des cabarets, tel le Don Camillo. Il dira de cette période en 1966 sur RTL «J’ai écrit Narbonne, mon amie, parce que Narbonne est mon amie de toujours, que j’'y suis né et que je ressens à Narbonne, un enchantement que je n’éprouve nulle part ailleurs.»
PREMIERS ADIEUX
En 1971, il signera un retour triomphal à l’Olympia avec l’album Fidèle qu’il chantera quelques mois plus tard en août 71 devant une foule émue sur la Place de l’Hôtel de Ville de Narbonne. En octobre de la même année, il tourne à Narbonne et dans la région pour l’ORTF Un poète sur la Deux en compagnie de Gaston Bonheur, enfant du pays comme lui. Charles Trenet se rend ensuite officiellement à Narbonne et dans la région pour le tournage de l’émission Trenevision en 1973. Il fera ses premiers adieux à l’Olympia en 1975. Il avait alors 62 ans.
Après la disparition de sa mère en 1979, Charles revient cependant à la scène en 1983 à l’'occasion du Festival Juste pour rire de Montréal. Il ne la quittera plus : en 1987, alors qu’il est âgé de 74 ans, il fait un tabac au Printemps de Bourges. Les années passent, mais le "Fou Chantant" reste indémodable et inépuisable. Il fête ses 80 ans sur scène à l’Opéra Bastille en mai 1993.
En 1994, la Ville de Narbonne achète sa maison mais il en gardera l’usufruit qu’il cèdera en 1998 en vue de la création d’un musée qu’il voudra vivant et musical. En 1999, il est fait membre de l’Académie des Beaux-Arts. Il enregistre sa dernière chanson Les poètes descendent dans la rue en studio le 5 mars 1999 avec des musiciens de l’Orchestre philharmonique de Radio France à l’occasion de la première édition du Printemps des Poètes. Son dernier concert date de novembre 1999, à la salle Pleyel à Paris où il donne trois récitals, chantant assis.
LES AU-REVOIR
Fatigué depuis le printemps 2000, Charles Trenet se retire chez lui, où deux accidents cardio-vasculaires successifs l’épuisent. Transporté à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil, il décède et laisse des milliers de fans le 19 février 2001, à l’âge de 87 ans, après avoir écrit près de mille chansons dont la plupart éditées aux éditions françaises Raoul Breton.
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